Prise en charge du sepsis en France 15e législature Question écrite n° 18087 de Mme Corinne Imbert (Charente-Maritime – Les Républicains)

Question écrite n° 18087 de Mme Corinne Imbert (Charente-Maritime – Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 08/10/2020 – page 4553

Mme Corinne Imbert attire l’attention de M. le ministre des solidarités et de la santé concernant la prise en charge du sepsis. Le sepsis est une réponse inflammatoire généralisée associée à une infection grave. Au niveau mondial, on estime à 50 millions le nombre de personnes affectées par le sepsis et à 11 millions le nombre de décès par an des suites de cette infection. En France, cette infection touche 180 000 personnes par an et représente un taux de mortalité de 27 %, pouvant atteindre 50 % sous la forme la plus sévère. Malgré les mesures mises en place ces dernières années au niveau national, il est fondamental d’améliorer la surveillance des cas de sepsis sur l’ensemble du territoire, de perfectionner la connaissance du grand public sur cette infection, de favoriser et d’innover pour la prévention, le dépistage et le traitement de ce fléau méconnu. Aussi lui demande-t-elle si le Gouvernement, en cette période de pandémie de la covid-19, entend améliorer la prévention et la prise en charge du sepsis.

Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 03/12/2020 – page 5738

Les travaux relatifs à la mise en place des préconisations du rapport « Sepsis – Tous unis contre un fléau méconnu » rédigé par le Pr Djillali Annane sur demande du directeur général de la santé sont bien avancés. Les recommandations relatives à l’amélioration du parcours de soins sont en cours de rédaction par les sociétés savantes et seront labellisées par la Haute Autorité de santé en 2021. Ces recommandations serviront de socle pour la formation initiale et continue des professionnels de santé ainsi que pour la communication auprès de ces derniers. Concernant la sensibilisation du grand public aux signes précurseurs du sepsis, les éléments issus de la « Global Sepsis Alliance » sont en cours d’adaptation et seront relayés par « France sepsis association », association créée en juillet 2020. Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, la recherche sur le sepsis a bénéficié d’un élan important dans la mesure où le sepsis constitue l’une des complications majeures de cette affection. De nombreux essais cliniques sur des molécules immuno-modulatrices sont en cours en France. De même, des appels à projets de Banque Publique d’Investissement pour l’amélioration du diagnostic du sepsis ont été lancés. Par ailleurs, le projet SEPSIS « Saclay and Paris Seine Nord Endeavour to Personalize Interventions for Sepsis » figure parmi les 21 nouveaux lauréats de l’appel à projets « Fédérations Hospitalo-universitaires (FHU) » annoncés en décembre 2019. La création d’une plateforme épidémiologique nationale a par ailleurs été lancée, ce qui permettra d’améliorer les connaissances sur l’incidence du sepsis et ses caractéristiques et de suivre son évolution. Concomitamment, l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation vient de finaliser, en lien avec la direction générale de santé et les sociétés savantes, la révision du fascicule de codage des pathologies infectieuses pour le programme de médicalisation des systèmes d’information. Ce fascicule contient les nouvelles consignes de codage du sepsis et sera diffusé auprès des professionnels de santé dès le début de l’année prochaine. Ainsi, comme l’a souligné la European Sepsis Alliance le 9 octobre 2020, le plan d’actions mené en France devrait être un modèle pour de nombreux pays.

https://www.senat.fr/questions/base/2020/qSEQ201018087.html

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